المشجرات الكيلانية

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SIDI MAHAMMED-BEN-ALYA

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XVIII. SIDI MAHAMMED-BEN-ALYA 213
XVIII
SIDI MAHAMMED-BEN-ALYA(1)
A présent que nous connaissons les principaux saints
des Oulad-Naïl, occupons-nous du plus illustre ouali de
leurs infortunés adversaires, les montagnards du djebel Es-
Sahri, population qui a pris le nom de cette montagne, et qui
a ses campements au sud du Zar’ez oriental.
Sidi Mohammed-ben-Alya est d’origine cherifi enne,
puisqu’il descend en ligne droite du Sultan des Saints et du
Prince des Parfaits, l’illustrissime Sidi Djâfar-ben-Hoceïnben-
Mohammed-ben-Abd-el-Kader-El-Djilani, lequel,
comme nous le savons, naquit, vécut et mourut à Baghdad
dans le VIe siècle de l’hégire, le XIIe de l’ère chrétienne, et
fut le fondateur d’un ordre religieux qui compte des khouan
(frères) dans tout le pays musulman.
Le grand-père de Sidi Mahammed-ben-Alya, Sidi
Ahmad-ben-Ibrahim, sortit de Baghdad, accompagné de
ses trois frères, vers la fi n du VIIIe siècle de l’hégire (XVe
de l’ère chrétienne), et parcourut l’Afrique septentrionale.
Après avoir visité successivement Tlemsan, Oudjda, Fas et
Merrakech (Maroc), il fut tué à Asmil, dans les environs de
__________________
1. Cette légende a été recueillie par. M. l’interprète militaire
Arnaud, et citée dans un intéressant travail sur la tribu des Sahri.
214 L’ALGÉRIE LÉGENDAIRE
Sfi dj, par des soldats marocains auxquels s’étaient joints
des hommes des Ouled-Haçan. Abd-el-Kader, un de ses fi ls,
eut de son mariage avec Meriem-bent-Rahal, de la tribu des
Sahri, où il était venu se fi xer après la mort de son père,
deux fi ls qui furent nommés, l’un Khemouïkhem, et l’autre
Mahammed. Le premier fut tué par les Sahri ; la tradition
reste muette sur les causes et les circonstances du sa mort.
Quant au second, Mahammed, tout jeune encore et laissé
sans soutien par la mort de son frère, il fut recueilli par une
âdjouza (vieille femme) de la tribu des Bou-Aïch, Alya, qui
lui donna son nom, et auprès de laquelle il resta pendant
sept années.
Quand il fut d’âge à pouvoir voyager, il quitta sa mère
adoptive, la Bou-Aïchia, et se rendit à Marrakech (Maroc),
où il se maria. Plus tard, il revint dans les Sahri, où son
origine, sa science et ses vertus, lui donnèrent bientôt une
grande infl uence sur ces montagnards, lesquels, — il faut
bien l’avouer, — n’établissaient pas alors une très grande
différence entre le bien d’autrui et le leur, et jouaient
volontiers du couteau pour un oui, pour un non. En défi
nitive, c’était une mauvaise population. D’ailleurs, Sidi
Ben-Alya n’avait pas oublié que ces Sahri avaient tué son
frère Khemouïkhem ; aussi s’était-il promis de se montrer
à leur égard d’une sévérité excessive, afi n de les ramener
au sentiment du juste et de l’injuste et au respect de la propriété.
Quelques miracles qu’opéra Sidi Ben-Alya, — car
il avait le don des miracles, — avec assez d’opportunité,
lui mirent les Sahri tout à fait dans la main. Il put donc
dès lors accomplir, sans trop de diffi cultés, la réforme qu’il
avait entreprise dans les moeurs et dans les habitudes de ces
grossiers montagnards.
Déjà sa réputation de sainteté s’est répandue dans tout
XVIII. SIDI MAHAMMED-BEN-ALYA 215
le pays et parmi les tribus nomades qui ont leurs campements
autour du Zar’ez : c’est ainsi que les Bou-Aïch, les Arbaâ et
tant d’autres, lui apportent d’abondantes et copieuses ziara(1)
en nature et en argent; Il est vrai que l’ouali Ben-Alya savait
reconnaître les pieux procédés des fi dèles en leur donnant
de la pluie, — dans le Sahra, c’est du beau temps, — des
pâturages pour leurs troupeaux, une postérité raisonnable,
et son puissant secours pour faire réussir les razzias qu’ils
pouvaient avoir à tenter de temps à autre sur leurs voisins.
Bref, Sidi Ben-Alya était devenu la providence du djebel
Mechentel, et l’amour que les habitants de cette montagne
professent pour leur saint protecteur et intercesseur ne tarda
pas à tourner à l’idolâtrie, au fétichisme.
Sidi Ben-Alya s’est fi xé défi nitivement chez les Sahri,
et s’y marie raisonnablement, c’est-à-dire qu’il se contente
de deux femmes, Zineb et Fathima, lesquelles lui donnent
huit fi ls. Les cinq provenant du fait de Zineb, Ameur, Mbarek,
Mohammed, Sahya et El-Hadj, forment la souche des
fractions des Oulad-Ben-Alya : ce furent des gens suffi samment
vertueux, craignant Dieu, et vivant grassement de la
sainteté de leur vénéré père. Quant aux trois fi ls de Fathima,
Aïça, Rabah et Yahya, ce ne furent que des gueux, des gredins,
qui ne donnèrent que de médiocres satisfactions au
vénérable et saint auteur de leurs jours.
Mais, pour prouver que nous n’exagérons rien en les
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1. Ziara signifi e visite, pèlerinage au tombeau d’un saint. On
désigne également sous ce nom les offrandes et cadeaux qu’apportent
aux saints marabouts les Croyants qui désirent obtenir, par leur
intermédiaire, les faveurs du ciel. La Ziara est un impôt volontaire
qui n’est pas sans analogie avec celui que, sous le nom de dîme, nos
pères payaient aux frères des ordres mendiants.
216 L’ALGÉRIE LÉGENDAIRE
gratifi ant de ces épithètes, nous voulons raconter le tour indigne
qu’ils osèrent jouer à leur respectable père. Un jour,
ayant à ensiler des grains provenant d’offrandes de ziara,
Sidi Ben-Alya demanda aux trois fi ls de Fathima de venir
l’aider dans cette pénible, mais intéressante besogne ; or, ces
trois vauriens, que fatiguaient depuis longtemps les reproches
incessants de leur père, et qui avaient conçu l’horrible
projet de s’en défaire, ces trois sacripants, disons-nous, qui
pensèrent que l’occasion qu’ils cherchaient ne pouvait être
plus belle, acceptèrent la proposition avec un enthousiasme
mal contenu qui aurait dû donner à réfl échir au saint :
car, habituellement, ce n’était qu’en rechignant qu’ils accueillaient
les ordres ou les prières de leur père ; mais, dans
tous les temps, il y eut des pères aveugles à l’égard de leurs
enfants. Ils chargent donc les chameaux de r’eraïr(1) contenant
les grains, et ils se dirigent vers les mthamirs(2) où ils
doivent être déposés. Sidi Ben-Alya, sans défi ance, se fait
descendre dans le silo pour s’assurer de l’état dans lequel il
se trouve. Pendant qu’il était au fond, procédant à son examen,
ses trois fi ls, sur un signe d’Aïça, l’aîné, se hâtent de
décharger les trois chameaux et de vider les six sacs de grains
sur leur infortuné père, qu’ils enterrent littéralement sous le
poids de leur contenu. Aux cris, aux plaintes du vieillard,
ils répondent par des rires indécents et par des plaisanteries
d’un goût douteux, et tout au moins déplacés en pareille
circonstance ; puis ils ajoutent encore à leur forfait en dansant
autour du silo, et prêts à repousser celui qui leur avait
donné l’être, — ce dont il s’était repenti plus d’une fois, —
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1. Sacs en laine, servant à transporter soit les grains, soit les
dattes.
2. Silos.
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s’il parvenait à se dépêtrer de sa fâcheuse position, hypothèse
qui n’était guère admissible : car ce n’était pas à son
âge, avec plus de 300 kilogrammes de céréales sur son pauvre
corps, qu’il pouvait tenter une pareille entreprise. Après
avoir attendu un bon moment, dans le même état d’allégresse,
au bord du silo, et rien n’ayant bougé au fond de cette
fosse à céréales, ils on conclurent, le sourire aux lèvres,
qu’il étaient débarrassés de leur père, et ils eurent l’infamie
d’en exprimer toute leur joie par des danses et des chants
qui démontrèrent que, du côté du coeur, ils avaient été extrêmement
mal partagés.
Mais ces trois parricides paraissaient avoir tout à fait
oublié que leur saint homme de père possédait le don des
miracles, et que, pour lui, c’était le cas ou jamais de faire
usage de ce précieux privilège. Aussi, au lieu de sortir du
silo par son orifi ce, Sidi Ben-Alya, qui trouvait, sans doute,
le moyen par trop primitif, s’était frayé un chemin souterrainement,
et était allé déboucher à un farsekh(1) (parasange)
de là.
Après un pareil crime, le saint homme eût été autorisé
à détruire ses trois scélérats de fi ls, et, bien certainement,
personne n’y eût trouvé à redire; mais, nous le répétons, Sidi
Ben-Alya était père, c’est-à-dire faible : il ne voulut point
s’en défaire ; il se contenta de les faire appeler devant lui et
de les maudire en ces termes : « Enfants d’esclave ! votre
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1. La parasange est une mesure itinéraire qui, chez les anciens
Arabes, valait quatre milles de trois mille pas chacun.
Les Sahri montrent encore, à 20 kilomètres N.-E. de Djelfa,
le silo dans lequel fut enterré Sidi Ben-Alya par ses trois fi ls. Il se
trouve sur le bord de la route qui aboutit à Griga. Il se nomme Bir-
El-Hemam, le puits des Pigeons, à cause des nombreux pigeons qui
s’y réfugient.
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infamie mourra avec vous ! » Ce qui signifi ait clairement
qu’ils n’auraient point de postérité. En effet, ces trois garnements
fi nirent mal, et, malgré leurs efforts pour conjurer
les conséquences de la malédiction qui pesait sur eux, ils ne
purent parvenir à se procurer la moindre descendance. Nous
ne perdrons pas notre temps à les plaindre.
Sidi Ben-Alya n’était point fâché de montrer à ceux
de ses collègues qui venaient le visiter toute l’étendue de
sa puissance thaumaturgique. On ne peut le nier, il avait
ce genre d’amour-propre à un degré très prononcé. Un
jour que les illustres Sidi Zeyan, Sidi Mahammed-Es-Sahih
et Sidi Nadji-ben-Mahammed, étaient venus lui rendre
visite, il leur proposa une petite excursion dans une partie
du Sahra qu’ils ne connaissaient pas. Les saints marabouts
acceptent. Mais, au bout de deux ou trois jours de
cette promenade, Sidi ban-Alya avoue, avec un certain embarras,
à ces vénérés collègues qu’il est égaré et qu’il ne
reconnaît plus son chemin. Or, il avait attendu, pour leur
faire cet aveu, l’heure la plus chaude de la journée, et justement
au moment où les trois saints venaient de manifester
le désir de se rafraîchir un peu, car ils mouraient de soif:
Sidi Ben-Alya les laissa se plaindre pendant quelques instants,
puis il fi nit par leur dire qu’il se repent de les avoir
entraînés dans des parages qui lui sont inconnus, et cela
d’autant mieux que rien autour d’eux ne révèle la proximité
d’une source ou d’un r’dir(1). « Il serait dur, à mon âge, de
mourir de soif », fi t remarquer Sidi Zeyan, qui était encore
jeune. Sidi Es Sahih et Sidi Nadji ne paraissaient pas non
plus très rassurés ; aussi les trois marabouts commençaientils
à se regarder avec inquiétude. « Vous avez peut-être
__________________
1. Citerne naturelle dans le Sahra.
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été un peu léger, ô Monseigneur ! permettez-moi de vous
le dire, continua Sidi Zeyan en s’adressant à Sidi Ben Alya,
car, lorsqu’on ne connaît point un pays, on doit tout au
moins éviter les distractions. — Monseigneur Zeyan est
parfaitement dans le vrai, ajouta Sidi Nadji avec onction, en
léchant d’un regard sévère Sidi Ben-Alya. — Dieu, — que
son saint nom soit glorifi é ! — n’aurait pas l’affreux courage
de laisser mourir de soif ses meilleurs serviteurs, répondit
Sidi Ben Alya en riant dans sa barbe. Rassurez-vous
dont, ô Messeigneurs ! et buvez à votre soif ! » L’ouali des
Sahri piquait en même temps le sol de son bâton ferré, et il
en jaillissait une eau qui, sans exagération, avait la pureté
du cristal, et qui était aussi douce au goût que celle du puits
d’Aris, à El-Medina, après, bien entendu, que le Prophète
y eut craché.
A la vue d’un tel prodige, les trois saints, qui ignoraient
que la spécialité de faire jaillir des sources fi t partie du lot de
miracles dont le Tout-Puissant avait donné la jouissance à
Sidi Ben-Alya, les trois ouali, disons-nous, se mirent à louer
Dieu. Mais ils reprochèrent doucement au marabout des Sahri
de les avoir mis dans une fausse position vis-à-vis de lui,
en les faisant douter des bontés de la Providence. Quoi qu’il
en soit, ils burent à gosier que veux-tu ; et, comme il était
l’heure du dhohor, ils fi rent leurs ablutions et la prière qui
les suit. Sidi Zeyan ne pardonna jamais de mauvais tour à
Sidi Ben-Alya. Quant à la source, elle n’a pas tari depuis :
c’est celle qu’on nomme El-Mengoub(1), et qui se trouve au
sud de la Sebkha-Zar’ez de l’ouest.
Un autre jour, Sidi Ben-Alya était allé visiter son saint
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1. on donne le nom de mengoub à un puits en forme d’entonnoir.
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collègue de l’oued El-Djenan, au sud de Sour-El-R’ouzlan,
Sidi Mahammed-ben-Aïça, qui fut l’ancêtre du Ouled-
Sidi-Aïça Ehel-El-Guethfa. Après une conversation très
intéressante sur la façon dont l’Esprit de Dieu avait été jeté
dans la vierge Meriem (Marie) par l’intermédiaire de l’ange
Djebril, Sidi Ben-Alya, interrogea Sidi Aïça sur ce qu’il
aimait le mieux parmi les choses qui n’étaient point hors
de sa portée, et auxquelles il pouvait atteindre. Sidi Aïça
lui répondit qu’il aimait beaucoup les biens de ce monde,
et ceux de l’autre aussi, ajoutait le saint de l’ouad El-Djenan.
Ils étaient, à ce moment, à Tamezlit, où son hôte avait
dressé ses tentes. La terre s’entrouvrit aussitôt sur un signe
de Sidi Ben-Alya, et se mit à vomir en abondance des valeurs
monnayées. Bien que stupéfait, Sidi Aïça put néanmoins
charger deux chameaux des richesses qu’elle avait
dégorgées.
Dans un voyage que fi t Sidi Ben-Alya au djebel El-
Eumour, il avait remarqué, avec un sentiment très prononcé
de tristesse, que non seulement le tombeau de l’illustre et
vénéré marabout Sidi Bou-Zid avait disparu, en s’enfonçant
sous terre, prétendaient les gens du ksar de ce nom, mais
qu’en même temps les pratiques les plus élémentaires de la
religion et la foi musulmane n’étaient plus chez eux qu’à
l’état de lettre morte. D’un mot, Sidi Ben-Alya fi t reparaître
le tombeau de l’ouali du djebel El-Eumour, et sa parole ramena
la foi et la piété parmi les habitants du ksar. La garde
du tombeau de Sidi Bou-Zid fut confi ée aux Oulad-Kacer,
qui l’ont conservée pendant très longtemps.
Depuis quelques années, Sidi Ben-Alya avait formé le
projet d’aller visiter les Bni-Mzab, qui sont schismatiques.
Espérait-il les ramener à l’orthodoxie ? La tradition n’en
dit rien. Quoi qu’il en soit, ces Khouamès l’accueillirent
XVIII. SIDI MAHAMMED-BEN-ALYA 221
parfaitement, et le traitèrent avec tous les égards dus à
son illustration et au degré qu’il occupait sur l’échelle des
saints musulmans. Sidi Ben-Alya en fut tellement touché
qu’avant de les quitter il leur fi t la prédiction suivante :
« Des goums ennemis fondront sur vous avec la rapidité de
l’éclair, mais ils se retireront avec une rapidité plus grande
encore. » Ce qui signifi ait probablement qu’ils étaient
inattaquables. Les Bni-Mzab furent tellement ravis, à leur
tour, de la prédiction du saint que, pour perpétuer le souvenir
de son passage dans leur pays, ils construisirent, à
Argoub-Chouïkat, une haouïtha(1) sur l’emplacement où il
avait dressé sa tente.
Une autre fois, étant en tournée pastorale chez les
Oulad-Mimoun, une jeune femme, menacée du divorce par
son mari pour cause de stérilité persistante, vint se précipiter
aux pieds du saint marabout en lui demandant, avec tous
les accents du désespoir, de mettre un terme à une situation
qui non seulement la couvrait de honte, mais qui, en outre,
lui valait le mépris de son mari. Touché de ses larmes et
de son chagrin, le saint la renversa sur le sol, s’étendit sur
elle, et l’insuffl a en lui appliquant ses lèvres sur les siennes.
La jeune femme ressentait immédiatement les douleurs de
l’enfantement, et mettait au monde un garçon qui fut appelé
Dir-es-Slougui(2), nom qui est encore aujourd’hui le sobriquet
des Oulad-Mimoun, ou Mouamin, fraction des Sahri.
Sidi Ben Alya n’avait rien à refuser à ceux de ses saints
collègues qui ne jouissaient pas au même degré que lui du
__________________
1. Petite muraille circulaire en pierres sèches élevée sur un
emplacement consacré par la station qu’y a faite un saint, et pour
en rappeler le souvenir.
2. Prolongement des vertèbres du lévrier.
222 L’ALGÉRIE LÉGENDAIRE
don des miracles. Sidi Nadji était, un jour, en visite auprès
de lui dans le djebel Sahri, dont les hauteurs étaient, à cette
époque, couvertes de superbes pins d’Alep. A l’aspect de
cette merveilleuse végétation, Sidi Nadji poussa un soupir
et exprima le regret que son pays, Berouaguïa, fut complètement
nu et dépourvu de verdure et d’ombre. Il avait à peine
manifesté son désir qu’en un tour de main Sidi Bou-Alya
déracine les pins qui couvraient le djebel Hariga (portion du
djebel Sahri), et il en reboise instantanément les environs
de Borouaguïa. C’est depuis cette époque que le pin fut appelé,
dans le pays, zkoukia Ben-Alya. C’est ainsi qu’à la
demande de Sidi Farhat il boise également en pins d’Alep,
et par le même procédé, tout le territoire compris entre Boghar
et Aïn-Tlata.
Un autre jour, c’est un r’ezou(1) des Oulad-Mensour-
El-Mahdi qui fond sur les Oulad-Ben-Alya et leur enlève
leurs troupeaux. Le saint marabout se mit seul à la poursuite
de ces impies, qui avaient atteint déjà, au moment où il les
joignit, le milieu de la Sebkha-Zar’ez de l’est. Tout à coup,
les eaux salées du lac se changent en une boue épaisse et
gluante, et les razzeurs y sont engloutis jusqu’au dernier. Il
est inutile d’ajouter que les troupeaux des enfants du saint
ne partagèrent pas le sort de ces téméraires bandits, et que
Sidi Ben-Alya put les ramener et les restituer à leurs propriétaires
légitimes. Le gué où le r’ezou fut ainsi détruit
reçut le nom de Fercha (lit) des Oulad-Mensour-El-Mahdi.
Cette tribu se garda bien de tenter une seconde fois pareille
aventure.
Sidi Ali-ben Mbarek, le célèbre marabouth d’El-Koléïâa
(Koléa), avale, un jour, dans un moment de colère, un
__________________
1. Parti de cavaliers armés en course de razzia.
XVIII. SIDI MAHAMMED-BEN-ALYA 223
des serviteurs de Sidi Ben-Alya. Celui-ci l’apprend instantanément
par ce serviteur, qui l’avait invoqué au moment
où l’irascible saint de Koléa l’avait déjà absorbé jusqu’au
nombril. Sidi Ben-Alya charge, sans retard, sur son dos le
djebel Mena (du Sahri), qu’il avait justement sous la main,
et vole à Koléa pour en écraser son imprudent collègue. Sidi
Mbarek, qui avait également le don des miracles, entend la
voix du saint des Sahri, qui proférait d’effroyables menaces,
ainsi que le fracas terrifi ant des rochers qui s’entrechoquaient
dans sa course précipitée.
Sidi Mbarek, qui commence à s’apercevoir qu’il s’est
engagé dans une mauvaise affaire, et qui sait que son vénéré
collègue ne badine pas quand il s’agit de défendre les siens,
fait des efforts inouïs pour expectorer ce qu’il a déjà avalé
du serviteur ; mais ce dernier est déjà trop engagé dans
le gosier du saint, et c’est en vain que Sidi Ali cherche à
le pousser dehors, et d’autant mieux que l’avalé, qui, sans
doute, n’était pas fâché que le marabout de Koléa fût pris
en fl agrant délit, ne faisait absolument rien pour aider à la
manoeuvre expectorale de cet ouali.
Mais Sidi Ben-Alya vient d’arriver ; il est là, brandissant
au-dessus de la tête de Sidi Ali l’épouvantable djebel
Mena. Celui-ci, qui, pourtant, est un saint de ressources,
ne trouve pas un mot pour s’excuser, — il est vrai qu’il
avait la bouche pleine, — il ne fait que baisser la tête et
verser d’abondantes larmes. Sidi Ben-Alya, qui n’est pas
fâché d’avoir humilié son collègue vénéré, trouve pourtant
que son supplice a assez duré ; il en a pitié : il prend donc
entre le pouce et l’index le long nez de Sidi Ali, le secoue
et le tire à lui. Le serviteur en profi te habilement pour sortir
par les fosses nasales du saint marabout de Koléa, lequel,
par un violent éternuement, avait précipité la solution.
224 L’ALGÉRIE LÉGENDAIRE
Quant à Sidi Ben-Alya, il ramassait tranquillement sa montagne,
dont il ne voulait pas priver son pays, et il reprenait
le chemin du Sahra sans même avoir daigné accepter un
rafraîchissement que lui offrait son respecté collègue, bien
heureux d’en être quitte à si bon marché.
Sidi Ben-Alya eut bien souvent à intervenir dans les
querelles que soulevaient entre elles, à tout propos, les diverses
fractions de la turbulente population du Djebel Sahri,
querelles qui avaient toujours pour conséquence de leur
mettre les armes à la main, car on pouvait dire de toute la
tribu ce que Sidi Ben-Alya disait de la fraction des Yahya :
« Ils ressemblent à un mélange désordonné de faucilles,
« Enfermées dans un tellis (sac). »
Un jour, deux fractions des Sahri-Oulad-Brahim, les
Oulad-Daoud et les Oulad-Tabet, en avaient appelé aux armes
pour vider une querelle dont le motif était des plus insignifi
ants. Informé de cette nouvelle levée de boucliers,
Sidi Ben-Alya court se jeter au milieu des combattants, et
leur ordonne de cesser une lutte aussi déraisonnable, aussi
impie, puisqu’ils appartiennent à la même tribu. Mais les
deux partis sont sourds à sa voix et repoussent ses conseils.
Sous l’infl uence d’une sainte fureur, Sidi Ben-Alya, qui
voit son autorité et son caractère méconnus par ces assoiffés
de sang, arrache des fl ancs du djebel Sendjas un bloc de
rocher que cent hommes robustes n’auraient pu ébranler,
et le soulève sur les deux fractions, les menaçant de les en
écraser s’ils ne cessent à l’instant le combat. Les deux partis
étaient tellement acharnés l’un contre l’autre que le danger
qui est suspendu sur leurs têtes ne suffi t pas pour leur
faire lâcher prise ; ils hésitent encore ; pourtant, craignant
XVIII. SIDI MAHAMMED-BEN-ALYA 225
que le saint n’accomplisse sa menace, ils fi nissent par se
séparer, tout en maugréant contre le saint marabout, qui,
outré de ce manque de respect envers lui, les maudit, et les
condamne à ne plus vivre que du fruit amer du genévrier.
« Votre bonheur, leur dit-il, a cessé d’exister; je l’enfouis
sous ce rocher ! » Et il laissa retomber le bloc de rocher, lequel
pénétra profondément dans la terre. Malgré tous leurs
efforts réunis, les deux fractions rebelles ne purent jamais
parvenir à reprendre le bonheur que le saint avait enfermé
sous le rocher arraché au djebel Sendjas. En effet, depuis
lors, les pauvres des Sahri ne vivent que des baies du genévrier.
Tout en restant dans la formule de la malédiction
qui les avait condamnés à n’avoir d’autres moyens de subsistance
que le fruit amer du juniperus, les Sahri-El-Athaïa
ont réussi, par une habile interprétation du sens de la malédiction,
à améliorer leur nourriture et leur situation : ils vivent
bien effectivement du genévrier, mais c’est en en tirant
du goudron, qu’ils vendent d’autant plus facilement que ce
produit est fort employé dans le Sahra, aussi bien pour traiter
la gale du chameau que pour goudronner l’intérieur des
greb (outres).
Quoi qu’il en soit, la malédiction lancée sur les Sahri
par Sidi Ben-Alya a porté tous ses maux et produit
son plein effet : car, à partir de l’époque où elle a été prononcée,
cette malheureuse tribu n’a cessé d’être harcelée,
pillée et dépecée par ses puissants et impitoyables voisins,
les Oulad-Naïl, et c’est grâce à notre prise de possession
du pays qu’ils se sont vus enfi n délivrés de leurs opiniâtres
adversaires.
Avant de mourir, Sidi Ben-Alya avait désigné l’emplacement
de sa sépulture : c’était Rerizem-El-Hothob, koudia
(butte) située à une heure et à l’est de Mesran ; mais la cha226
L’ALGÉRIE LÉGENDAIRE
melle qui portait son corps dans un âththouch (palanquin)
amblait du côté de Temad, sans que cris et coups parvinssent
à la détourner du chemin qu’elle avait choisi. Soupçonnant
que, sans doute, le saint avait changé d’avis, les conducteurs
se soumirent à la décision outre-tombe du vénéré marabout,
et sa dépouille mortelle fut déposée à Temad, dans ce djebel
Sahri où il était né, et où il avait toujours vécu. Une koubba
s’éleva plus tard sur son tombeau, lequel devint le but du
pèlerinage de ses nombreux khoddam, répandus depuis Boghar
jusqu’à Laghouath.
La mort de ce saint homme date de la fi n du XIe siècle
de l’hégire (XVIe de notre ère).

دراسة سوسيو- ثقافية لمنطقة الجلفة

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دراسة سوسيو- ثقافية لمنطقة الجلفة
الفصل الثالث / الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري
I-المؤسسة الدينية : الصالحين من أولياء الله نموذجا:
إن الحديث عن المؤسسة الدينية بالمنطقة معناه الحديث عن المساجد والرباطات والقباب والصالحين من أولياء الله وما يلحق بها من أضرحة وطقوس دينية، ومعناه بالتالي الحديث عن تاريخ الإسلام بالمنطقة، ونظرا لشساعة الموضوع وللروابط التي تجمع بين هذه المؤسسات والتي تسمح لنا بالتعرف على الواحدة انطلاقا من الأخرى، سنختزل الموضوع في الحديث عن الصالحين من أولياء الله بصفة عامة والولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم القادري بصفة خاصة لما تشكله من إرث ثقافي مهم لا زال قائما رغم مرور الزمن، ونفضل بحث هذا الموضوع ضمن المفاهيم التالية:

1- الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم:
الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم بالمفهوم الديني يعني شخصية دينية خاصة ،يشكل امتدادا لما يسمى بالمرابط أو الصالحين يعمل على تعميق الشعور الديني وبث مبادئ التصوف العلمي ، الصالحين من أولياء الله هم خاصة من طائفة من المسلمين يجتمعون مع مريديهم في مكان محدد إما زاوية أو قبة أو خيمة أو مسجد يقيمون الصلاة وقراءة القرآن والأوراد الصوفية وكان هذا النوع من الأماكن خاص يدعى في القرون الأولى ربطا أو رباطات يجمع الصالحين و المتصوفين ثم غلب اسم الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم، وتكاثر عدد الصالحين من أولياء الله بالجزائر بانتشار التصوف فيه ابتداء من القرن الهجري السادس / الثامن عشر الميلادي .
ونستشف من بعض الإشارات التاريخية أن ظهور الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم بمفهوم الإحسان يرجع إلى إطعام المحتاجين والفقراء المعوزين وقد كان معروفا بأعماله الإحسانية.
1-1 الظرفية العامة لنشوء الصالحين من أولياء الله وتطورها:
وقد ظهر الصالح ولي الله الأول بالمنطقة على يد شيخ الطريقة القادرية الذي هاجر من جبال الصحاري من الجلفة في نهاية القرن الثامن الهجري/ الثالث عشر الميلادي، ومطلع القرن التاسع الهجري/ الرابع عشر الميلادي.
1-2 دور الصالحين من أولياء الله:
يمكن رصد مجموعة أدوار متعاقبة ومتداخلة، دينية سياسية، اجتماعية علمية وثقافية للصالحين من أولياء الله، لكن ما ينبغي تبيانه هو تحول دور الصالحين من أولياء الله من ديني سياسي إلى علمي ثقافي، ولا شك أن السياسة –سياسة السعديين- هي التي فعلت ذلك عندما شعرت بالوزن الذي أصبح للصالحين من أولياء الله والنفوذ الذي أصبحوا يتمتعون به فعملت على تحويله إلى مراكز علمية لتحد من نفوذه ولتبعده عن قضايا الوطن السياسية .
2- التعريف بالولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم القادري:
تعتبر منطقة الجلفة مهد السادات الأشراف الصالحين لفترة من الزمن وأعطت إشعاعا تاريخيا، اجتماعيا وثقافيا ودينيا تمثل على الخصوص في المشعل الذي حمله الصالحين من أولياء الله المتواجدون بالمنطقة وعلى رأسهم طبعا أول قطب للصالحين من أولياء الله ، الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري بالمنطقة و ما جاورها ، وفي هذا الصدد سأتناول الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري الذي ظهر بالمنطقة والذي كغيره من الصالحين من أولياء الله الصوفية لعب دورا رئيسيا في المجال الديني والثقافي والاجتماعي والسياسي، كما سأبرز الأهمية التي يحتلها الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم.
2-1- التأسيس التاريخي:
وقد ارتبط اسم الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم باسم مربيته علية من عرش البواعيش فصار بن علية ، ثم دعي بالولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم الحسيني القادري نسبة إلى أحد أجداده الشيخ عبد القادر الجيلاني الحسني المتوفى سنة 561 هـ " ، وسمي بالولي الصالح سيدي بن علية ، وهو الاسم الذي مازال ساريا حتى يومنا هذا، ومجهوداته في إشاعة العلم كبيرة ، كما شهد له بذلك الكاتب الفرنسي ميشال ارنوا في كتابه المجلة الافيقية REVUE AFRICAINE – وكما جاء في الجزائر الأسطورة - إذ يقول فيه بما معناه :" ذهب سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم إلى بني مزاب لنشر الدين ودعوتهم للاقتناء بالسنة " وكان مشاركا في فنون العلم كالفقه والعربية والكلام والتفسير والحديث والتصوف والحكمة ، وكان مع انكبابه على علوم القوم وانتهاجه منهج الطريقة لا يخل بالعلم الظاهر تدارسا ."
الآن دعونا ننتقل للأكثر شهرة الولي على خصومهم التعساء ، في المرتفعات من جبل الصحاري ، هم الأشخاص الذين نسبوا لهذا الجبل ، والتي لها مخيمات في جنوب شرق زاغز .
سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم هو شريف ينزل نسبه في خط مستقيم من سلطان القديسين وأمير الكمال ، واللامع شيخ الإسلام وتاج العارفين محي الدين أبو محمد السيد الشيخ عبد القادر الجيلاني بن السيد موسى أبي صالح جنكي دوست بن السيد عبد الله بن السيد يحيى الزاهد بن السيد محمد بن السيد داود بن السيد موسى الثاني بن السيد عبد الله بن السيد موسى الجون بن السيد عبد الله المحض بن السيد الحسن المثنى بن الإمام الحسن السبط بن الإمام علي بن أبي طالب كرم الله وجهه .
فهو الشيخ الهاشمي القرشي العلوي الحنبلي السيد الشريف الصالح المشهود له والمعروف بسبط أبي عبد الله الصومعي الزاهد وكان يعرف بالجيلاني وأمه أم الخير فاطمة بنت أبي عبد الله الصومعي . سيدي جعفر بن الحسين بن محمد بن عبد القادر الجيلاني ، والذي كما نعلم ، ولد عاش وتوفي في بغداد في القرن السادس الهجري الثاني عشر الميلادي في عهد وكان مؤسس النظام الديني الذي يشمل (الإخوان) في جميع الدول الإسلامية.
جد سيدي محمد ببن الحاج ن احمد بن ابراهيم ، الذي غادر بغداد مصحوبا بثلاثة أشقاء ، في الثاني من القرن الثامن الهجري (الخامس عشر للميلاد ) ، مسافرا إلى شمال إفريقيا .
وبعد وفاة الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري خلفه أبنائه الذين كانوا أئمة عصرهم علما وعملا، مواظبين على سرد الحديث وعلومه والتفسير والتصوف وأصول الدين والحكمة، عاكفا على التدارس ، الذين اقتفوا سنن أبيهم في التزام السنة والدعوة ومحاربة البدع .
فالولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري قدم لنا نموذجا مثاليا للأولياء الصوفية الذين استطاعوا الحفاظ على الوضع في ذلك الزمن.
2-2- الدور الاجتماعي لسيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري:
تزامن ظهور الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري مع فترة متأزمة تمثلت أساسا في وجود تجزئة اجتماعية وعدم استقرار، فقد كانت القبائل تتناحر وأصبح قانون الأقوى هو السائد، فخربت البلاد وعمت الفوضى وعرقل غياب الأمن العملية الحياتية جميعها، إضافة إلى توالي الأوبئة والمجاعات، " إلا أن الشيخ الولي سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم استطاع بفضل ما كان يعرف به من صلاح وفضيلة أن يفرض نفوذه على هاته القبائل المتناحرة، وبسرعة فائقة أضحى شيوخ المنطقة وما جاورها يرحبون بدور الوساطة والتحكيم في الحروب غير المنقطعة للعروش ، هذا فضلا عن حماية المظلومين وإيواء أبناء السبيل وإطعامهم والوقوف في وجه تعسف شيوخ العروش ومكائدهم ، واختص بنشر العلم والتحريض على الجهاد ، وكان ملجأ لكل مظلوم وطالب حماية .
والمعروف أن الشيخ الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم عمل على إقامة دين الله وإطعام الطعام لوفود العرب ، ويأوي إليه المساكين والفقراء وطلبة العلم المجاورين، والمقيمين من الفقهاء والمدرسين والعباد بأهاليهم وأولادهم يأكلون ويشربون بفضل الله لا يحصون عددا
نستخلص إذن أن الشيخ الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم قام بأدوار اجتماعية هامة ساعدت على ذوبان الفوارق خاصة، وأنه وحد وجمع بين عناصر مختلفة اختلافا شديدا في العرق واللون ونمط العيش.
2- 3الإشعاع الديني والعلمي لسيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم والأولياء:
لقد كان الولي الصالح سيدي محمد ببن الحاج ن احمد بن ابراهيم القادري بإجماع الكثيرين من قدامى ومعاصرين مركزا علميا مرموقا يؤمه الطلاب من كل حدب وصوب، فقد سعى على نشر التعاليم الإسلامية في حلله الخالية من شوائب التحريف والزيغ عبر إصلاح يروم مناهضة واقع الشعوذة والتدجيل والاحتيال، وقد أهله لذلك ما اشتهر عنه من عــلم وورع وحــرص عــلى اتبــاع السنة ونــبذ الشهوات وتكريس الحياة لمجاهدة النـفس والدعـاء إلى الله وحـده، "فقد كـان قـطبا جــامـعا وغــيثا نافعا".
وقد كثر أتباع الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم وأخذ نفوذه يتسع بدءا من القرن الثالث عشر الميلادي ليعم مختلف جهات الجزائر، وذلك بفضل نشاط الدعاة الذين كانوا يبعث بهم شيوخ الطائفة من المنطقة وما جاورها بالمنطقة إلى المناطق النائية يؤسسون بها الصالحين من أولياء الله ويعملون انطلاقا منها على نشر الطريقة القادرية.
2-4 الدور السياسي لسيدي محمد بن احمد بن ابراهيم والأولياء:
"إلى جانب نشاط الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم الديني والعلمي والاجتماعي، فإنه لعب دورا سياسيا مهما يتمثل في المحافظة على الأمن والاستقرار، سواء في المناطق المجاورة أو البعيدة عنا وإقامة الهدنة بين المتنازعين وتأمين طرق التجارة والمبادلات خاصة بعد وفاة الحاكم بن حراق وخلو المنطقة من سلطة مخزنية قادرة على تأدية واجبها تجاه أهالي هذه المنطقة النائية، لذا كان السكان يلجئون إلى الشيوخ كأولياء صالحين لعقد الأوقاف والتفاوض من أجل السلم والمرعى وفي مناطق أخرى التجارة."
وفي اللحظة التي وصل فيها النوايل إلى المنطقة كان الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم القادري من أشهر الصالحين من أولياء الله بالجزائر وأوفرها طاعة ، وملك كبير يتمثل في أراضي في جهة جبل الصحاري ،مده هذا نفوذ اقتصادي لملكه لأرض كبيرة كمرعى وحرث بالإضافة إلى نفوذه الروحي كان له اثر في اتخاذ موقف متحفظ اتجاه الحاكم ، ورغم أن هذا الموقف لم يأخذ إلا بعدا دينيا إذ لم يأتي في القصص المروية له أنه يتحدث عن الحاكم ، ويقال أنه كان يرفض ذكر اسم الحاكم في خطبه وحديثه ، ولم يخطب لسلطان قط .
إذن فالولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم القادري الذي بالرغم من أن نفوذه الروحي وثروته البسيطة أدت إلى مضايقة البعض ، فإنه لم تكن له مواقف سياسية معينة، لأنه كان في موقع أقل تورطا في الصراعات السياسية الداخلية ، وبدون شك فإن الولي الصالح سيدي محمد بن الحاج بن احمد بن ابراهيم نفسه والذي وجه همه لنشر الطريقة ولبث المعرفة كان له ضلع في هذا الحياد.
3- بناية القبة وتسييرها:
كانت القبة في فترة ازدهارها تخضع إلى أنظمة وتقاليد متبعة .
هكذا يتبين أن الولي الصالح سيدي محمد بن احمد بن ابراهيم القادري يعتبر مركزا علميا مرموقا وأدى خدمة كبرى في سبيل الحفاظ على الثقافة الإسلامية بالخصوص في التراب الجزائري، وهذا ما تسجله شهادات المؤرخين الفرنسيين وبعض علماء الأنساب عند سرد قصصه .
احمد بختي الكيلاني الاستشرافي